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La céramique sicilienne

UNE TRADITION MULTI-MILLÉNAIRE

Les archéologues ont découvert en Sicile des articles de poterie remontant à 2400 avant J.-C. au moins, témoignant de la tradition multi-millénaire de l’île dans l’art de la faïence. Les vagues successives de colons, dont les Phéniciens, les Grecs, les Romains, les Arabes, les Normands et les Espagnols ont tous apporté leurs propres techniques, innovations et palettes de couleur préférées, donnant ainsi cet héritage extrêmement riche et divers dans les différents styles.

L’artisanat grec a donné leur forme distincte aux vases, amphores et urnes. Les Romains ont légué leur tradition de terra sigillata, caractérisée par des teintes chaudes ocres et rouges, ainsi que la décoration en relief. Toutefois, l’apport le plus important dans l’art sicilien de la faïence et de la céramique demeure certainement celui laissé par les Arabes. Dans leur vaste empire s’étendant de l’Atlantique au fleuve Indus, les techniques de production de faïence et de céramique étaient bien connues, alors qu’elles avaient été en grande partie oubliées en Occident. Les Arabes ont ré-introduit une ancienne technique égyptienne consistant à mélanger de l’oxyde d’étain avec un vernis clair à base de plomb pour obtenir une surface opaque sur laquelle on pouvait aisément appliquer les décorations. Leurs couleurs de prédilection étaient les teintes vert et aubergine, et leurs décorations demeuraient abstraites, composées de motifs géométriques, un trait toujours caractéristique de la faïence sicilienne aujourd’hui.

Les Espagnols, qui ont gouverné la Sicile pendant près de quatre siècles à partir du XIVème siècle, ont également eu un rôle prépondérant dans l’histoire de la faïence sicilienne. Ils ont en effet ré-introduit d’une part certaines traditions inspirées des méthodes arabes ; et d’autre part, et encore plus important, ils ont importé deux formes incontournables de l’art de la faïence : la majolique (majolica) et l’azulejos

Aujourd’hui, l’industrie de la faïence demeure très active en Sicile, et se concentre dans quatre villes principales : Caltagirone, Santo Stefano di Camastra, Burgio et Sciacca.

La première tire son nom de l’île de Majorque, jadis centre incontournable de la production et du commerce de la céramique. Il s’agit d’une technique de vernissage à l’étain qui permet d’obtenir un fond blanc brillant, sur lequel on applique d’autres couleurs métalliques à base d’oxyde. Cette sous-couche blanche absorbe les couleurs et retient leur éclat après la cuisson. 

La technique majolique est employée dans toutes sortes d’objets de faïence, des vases à la vaisselle en passant par les luminaires. On l’emploie également pour créer les azulejos, des carreaux de céramiques décorés hautement résistants. Avec l’arrivée du style baroque en Sicile et la construcion de palazzi aristocrates à travers l’île, l’azulejos est devenue la référence pour les sols. La plupart étaient décorés de motifs géométriques assez simples, tandis que les membres les plus éminents de la noblesse commandaient des sols azulejos représentant des scènes champêtres à grande échelle, des représentations fantastiques de créatures, des écussons et armoiries de famille et bien plus encore. La ville Caltagirone, connue pour sa production de céramique, s’est fortement développée à cette période, de même que ses concurrents à Naples.

Aujourd’hui, l’industrie de la faïence demeure très active en Sicile, et se concentre dans quatre villes principales : Caltagirone, Santo Stefano di Camastra, Burgio et Sciacca. Chacune a son propre style, surtout en matière de traditions dans les couleurs : à Caltagirone, les tons d’un bleu riche et vert émeraude contrastent avec les motifs à fleurs jaunes ; à Santo Stefano di Camastra, les teintes vives, orange-rouge servent de base à de délicats motifs blanc et bleu ; à Sciacca, on préfère un bleu électrique et bleuet, le turquoise et le jaune vif marqué sur un fond blanc ; tandis qu’à Burgio, la palette classique se compose de beige, d’un fond sable avec des décorations vertes et ocre-orange simples. Il existe bien entendu des variations de ces thèmes de base et les nouvelles générations d’artisans font usage de styles artistiques plus modernes. 

Les quatre villes regorgent d’ateliers et de points de vente où les potiers travaillent et vendent leurs œuvres. Les rues, les marches, les façades, les balcons, les églises et les parcs … tout est décoré de faïence et d’objets de céramique. À Caltagirone, Santo Stefano di Camastra et Burgio, se trouvent aussi d’impressionnants musées de céramique.

Si vous souhaitez acheter des objets de faïence sicilienne, vous y trouverez un vaste choix de carreaux azulejos, d’articles de vaisselle, carafe, pots, plats, etc. Vous découvrirez également quelques spécialités locales traditionnelles uniques à la Sicile : tout d’abord la Testa di Moro (Tête de Maure), un pot pour plantes dont les origines remontent à d’anciennes légendes. L’une des nouvelles de Boccace dans Le Décaméron retrace l’histoire de Lisabetta de Messine, qui avait creusé la tête de son amant après qu’il ait été assassiné par ses frères. Elle la garda comme pot pour son basilic, qui, arrosé des larmes de son chagrin, s’épanouit. 

À Palerme, une histoire tout aussi cruelle vieille d’environ 1000 ans raconte qu’une jeune Normande, en apprenant que son amant Maure allait repartir en Afrique du Nord, devint proie du monstre aux yeux verts. On dit qu’elle attira le pauvre amant dans sa chambre pour une dernière et fatal étreinte, qu’elle le décapita, affichant sa tête comme trophée macabre sur son balcon et y planta du basilic. (On accordera une pensée émue à ces deux pauvres âmes lorsque l’on dégustera le prochain plat de pasta con pesto !) Malgré ces terribles histoires, la Testa di Moro demeure un classique sicilien et un souvenir chargé d’histoire à ramener chez soi.

On peut également évoquer la pigna (pomme de pin), autre classique sicilien omniprésent, symbole de vitalité, de santé, d’immortalité et bien plus. On les trouve dans les boutiques, mais aussi sur les portails, les têtes de lit et les balcons. On en fait de toutes les couleurs, de toutes tailles et formes et on les offre comme porte-bonheur.

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