La Seconde guerre mondiale en Sicile

L'HISTOIRE DE LA SICILE

La Sicile a toujours été convoitée par les personnes souhaitant dominer le bassin méditerranéen et la 2ème Guerre mondiale n'y a pas fait exception. En effet, la Sicile a été la première partie de l'Europe à être reprise par les forces alliées.

Après avoir reconduit les forces allemandes et italiennes hors d'Afrique du Nord, le commandement britannique trouva que la Sicile serait naturellement sa prochaine étape. Les Américains préféraient une attaque directe de l'Allemagne par la France mais ils convinrent qu'une avancée sur la Sicile pourrait aider la Russie en forçant l'Allemagne à redéployer ses forces. Dans le même temps, la Sicile serait une base stratégique importante pour toute future invasion de l'Italie (même si cela n'était pas prévu dans l'immédiat). L'invasion de la Sicile servirait aussi en quelque sorte d'exercice d'entraînement pour la future invasion du Jour J en Normandie.

Dans la nuit du 9 juillet 1943, l'opération Husky fut lancée. Les Américains débarquèrent sur les plages du golfe de Gela, tandis que les forces britanniques et canadiennes débarquaient à la pointe sud-est de la Sicile, près de Pachino, et dans le golfe de Noto.

Des vents violents rendirent les atterrissages extrêmement difficiles, surtout pour les régiments de parachutistes qui furent lâchés pour créer un peu de confusion avant l'invasion amphibie. Les troupes britanniques, canadiennes et du Commonwealth se déplacèrent vers le nord-ouest dans les montagnes Iblei, et vers le nord où elles prirent Syracuse sans grande difficulté.

Les Américains, quant à eux, se heurtèrent à une plus grande résistance car ils furent accueillis par l'un des deux bataillons allemands de l'île. Toutefois, après la sécurisation de leurs têtes de pont, ils se dirigèrent à l'ouest, en direction d'Agrigente puis au centre de Palerme.

Il y eut une certaine confusion après l'atterrissage réussi, pour ce qui était de savoir qui ferait quoi. Des plans avaient été définis pour l'attaque initiale, mais pour le reste, la campagne fut quelque peu improvisée. Le général Sir Harold Alexander, commandant des forces terrestres, et le général Patton, commandant des forces américaines, semblaient se méfier l'un de l'autre, aussi le général Patton commença à désobéir à Sir Alexander, désireux de démontrer la supériorité de l'armée américaine.

Patton marcha avec ses hommes vers Palerme bien qu'il ait été chargé de se diriger plus à l'ouest. La capitale sicilienne tomba toutefois facilement et presque immédiatement après, de surprenantes nouvelles indiquaient que Mussolini et son gouvernement avaient été renversés. Les forces italiennes étant en déroute, les deux armées marchèrent sur Messine. Pour Patton, arriver le premier était une question de fierté personnelle et nationale, comme nous pouvons le voir dans une lettre qu'il écrivit au général Middleton : « Il s'agit d'une course de chevaux dans laquelle le prestige de l'armée américaine est en jeu. ........ nous devons prendre Messine avant les Britanniques. Veuillez faire tout votre possible pour faciliter la réussite de notre course ».

Les Britanniques et les Canadiens eurent la tâche difficile de passer par Catane et le Mont Etna où les dernières forces allemandes s'étaient bien implantées. Patton gagna dûment sa course, arrivant à Messine le 17 août, soit environ 38 jours après le début de l'invasion. Durant cette période toutefois, des troupes de plus de 100 000 allemands et italiens, ainsi qu'une grande quantité de matériel militaire, étaient parvenus à atteindre le continent, ce qui signifiait que les combats sur la péninsule italienne seraient beaucoup plus difficiles que prévu.

2 721 soldats du Commonwealth britannique, 2237 américains et 562 canadiens trouvèrent la mort en prenant la Sicile, lors de ce qui a représenté la plus grande opération amphibie de toute la guerre. Beaucoup de morts furent enterrés dans des cimetières de guerre à Syracuse et Agira. Quelques 29 000 soldats de l'Axe perdirent également la vie.

Une fois que la Sicile fut sous contrôle allié, la décision fut prise de poursuivre l'invasion sur la péninsule italienne dans ce qui serait une lutte longue et sanglante.

On a beaucoup écrit sur ??l'implication de la mafia dans l'invasion alliée de la Sicile. La légende folklorique sur Lucky Luciano qui aurait été parachuté pour ouvrir la voie des Américains est certainement exagérée, mais il semblerait que la mafia, heureuse de s'être débarrassée de ses oppresseurs fascistes, était loin d'être réfractaire aux forces américaines. Des histoires fascinantes sur des arrangements mutuels entre les Américains et les Dons peuvent être lues dans « Cosa Nostra » de Matt Dickie et « La Société honorée » de Norman Lewis.

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