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L'histoire des Juifs en Sicile

1492 ET L'EXPULSION DES COMMUNAUTÉS JUINVES DE SICILE

Le 31 mars 1492, le roi et la reine d’Espagne, Ferdinand et Isabella, publièrent leur fameux Décret de l’Alhambra, par lequel tous les Juifs vivant dans des territoires espagnols, y compris la Sicile, étaient obligés soit de partir, ou bien de se convertir au Catholicisme.

À l’époque du décret, on estime à quelques 30 000 la population de Juifs (environ 10% de la population totale de Sicile) vivant à travers l’île, de Palerme à Syracuse en passant par Marsala et Messine. Leurs ancêtres s’étaient installés sur l’île dès le premier siècle avant J.-C., faisant de la Sicile le berceau de l’une des plus anciennes communautés juives d’Europe.

Suite à une période de coexistence complexe mais globalement pacifique avec les Arabes aux IXème et Xème siècles, les communautés juives de Sicile ont continué à être protégées et à jouir d’une relative liberté sous les règnes des Normands et de Frédéric II Stupor Mundi. À cette époque, la plupart des Juifs étaient des commerçants, notamment dans le textile. Certains étaient prêteurs sur gage, et d’autres occupaient même des postes à la Cour.

Toutefois, après les Vêpres siciliennes  en 1282, la Sicile entra sous domination espagnole, et les premiers signes de zèle catholique furent rapidement leur apparition sur l’île. Tous les privilèges dont avaient pu bénéficier les Juifs siciliens jusqu’à présent allaient bientôt disparaître.

Au début du XIVème siècle, le Roi Aragon Frédéric III obligea la population juive à s’identifier ainsi que leurs échoppes par une marque rouge, pratique à laquelle les Nazis feront écho quelques 700 ans plus tard. Peu à peu, les libertés des communautés juives de Sicile furent réduites : les synagogues furent saisies ou déplacées de force en dehors des centres villes, la ghettoisation s’intensifia, et les droits de gouvernance interne acquis depuis si longtemps, piétinés. Puis, en 1478, l’Inquisition espagnole fut établie, marquant le début de la fin pour les Juifs ibériques et siciliens.

Plus de 500 après l’éviction forcée des populations juives de Sicile, des signes d’une renaissance de la communauté apparaissent.

Lorsque le Décret de l’Alhambra fut publié, certains Juifs siciliens partirent immédiatement, vendant leur propriété et emportant autant de leurs biens que possible. Ceux qui ne purent partir assez rapidement virent la plupart de leurs possessions et biens saisis. Autorisés à ne garder que le strict minimum indispensable à leur voyage, la plupart des Juifs exilés de Sicile durent repartir de zéro dans leurs nouvelles demeures en Calabre, à Naples, Rome, Venise et Salonique (entre autres). On estime qu’environ 9000 Juifs restèrent. Ils se convertirent au Catholicisme et on les qualifia de neofiti (néophytes), version sicilienne de l’ibérique conversos.

Aujourd’hui, il reste très peu de traces des communautés jadis florissantes de l’île. À deux exceptions de poids : miqweh (bains rituels) à Syracuse et Palerme. Les premiers sont les plus grands et les plus anciens d’Europe, situés devant le Residence Hôtel alla Giudecca à Ortygie (voir la photo en haut de cette page) ; et on peut en faire la visite guidée tous les jours. Les derniers se trouvent devant le Palazzo Marchesi dans le centre historique de Palerme, près de la Via Maqueda. Ils ne sont ouverts au public que quelques jours par an, généralement en octobre dans le cadre des Vie dei Tesori.

Plus de 500 après l’éviction forcée des populations juives de Sicile, des signes d’une renaissance de la communauté apparaissent : en 2008 à Syracuse, une synagogue a été inaugurée ; en 2011 à Palerme, une Bar Mitzvah officielle a été célébrée pour la première fois en Sicile depuis 1492 ; et en 2017, l’archevêque de Palerme a accepté une pétition de la petite communauté juive de la ville et leur a accordé l’utilisation d’un oratoire abandonné, la Chiesa del Sabato, comme lieu de culte. La nouvelle synagogue se trouve sur le site approprié où se situait jadis une synagogue. L’adresse, Piazza Meschita, invite à la réflexion, puisque meschita, signifiant mosquée, dérive du mot espagnol mezquito, curiosité étymologique qui en dit long sur le passé long et tortueux de la Sicile.

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